mardi 6 mars 2007

Skype collabore avec la dictature Internet Web 2.0 en Chine

Skype collabore avec la dictature Internet Web 2.0 en Chine
- 05 février 2007

Selon RSF, « les dictatures du Web semblent être passées à la vitesse supérieure. Au moins 60 personnes sont emprisonnées pour avoir publié sur le Net des textes critiques envers les autorités. La Chine, pionnière en la matière, fait des émules : Viêt-nam, Syrie, Tunisie, Libye, Iran... les prisons pour blogueurs et autres cyberdissidents se multiplient. » Par ailleurs la Chine a déjà passé un accord avec Skype pour qu'elle bloque certains mots clefs, la dictature du Web 2.0 est donc en marche.

Pour Reporters sans frontières (RSF), « face à une contestation sociale grandissante et à des journalistes de moins en moins dociles, les autorités, sous l’impulsion du président Hu Jintao (en Chine), ont choisi de reprendre en main les médias au nom de la “société harmonieuse”. La presse est contrainte à l’autocensure, Internet est filtré et les médias étrangers surveillés de près. »


L’organisation a rendu public, le 1er février, son rapport annuel 2007 qui dresse un état des lieux de la situation de la liberté de la presse dans 98 pays. Ce document revient sur les principales violations des droits des journalistes survenues en 2006 et offre des perspectives thématiques et régionales sur l’état des libertés des médias et de l’Internet à travers le monde. Et force est de constater que la dictature Internet du Web 2.0 est bien présente à travers le monde, surtout en Chine.

Les agressions de journalistes, de plus en plus nombreuses, ne sont plus uniquement commises par des membres des forces de sécurité, mais également par des délinquants ou des hommes de main d’entrepreneurs. Reporters sans frontières en a recensé une quarantaine. Mais, selon l’association officielle, le journalisme est devenu le troisième métier le plus dangereux après celui de mineur et de policier. Cette violence touche notamment les reporters des tabloïds dont le goût pour les faits divers les oblige parfois à prendre des risques. En 2006, deux journalistes, Wu Xianghu et Xiao Guopeng, ont été tués par des policiers.

Par ailleurs, les procès en diffamation se multiplient, parfois pour imposer le silence à la presse d’investigation. En juin, un fournisseur taïwanais d’Apple installé en Chine a demandé trois millions d’euros de dommages et intérêts à deux journalistes du Diyi Caijin Ribao qui avaient enquêté sur les conditions de travail dans des usines produisant des iPods. Suite aux pressions internationales, les industriels ont retiré leur plainte, précise RSF, pour qui l’Internet est sous contrôle.

La Chine reste « sans conteste le pays le plus avancé en matière de filtrage d’Internet. Les autorités suivent avec attention les évolutions technologiques pour s’assurer qu’aucune n’ouvre une nouvelle fenêtre de libre expression. » « Ainsi, après les sites Internet et les forums de discussion, les autorités se concentrent aujourd’hui sur les blogs et les sites permettant l’échange de vidéos. »

Il y aurait aujourd’hui en Chine près de 17 millions de blogueurs. « Un chiffre énorme, certes, mais très peu d’entre eux osent aborder des sujets sensibles, encore moins critiquer la politique du gouvernement. Tout d’abord parce que les outils de blogs du pays incluent des filtres qui bloquent les mots clefs “subversifs”. Ensuite parce que les entreprises qui exploitent ces services, qu’elles soient locales ou étrangères, sont mises sous pression par les autorités, qui leur imposent de contrôler les contenus qu’elles hébergent. »

Selon RSF, des « armées de modérateurs travaillent donc, au sein de ces sociétés, pour assainir les contenus produits par les blogueurs. Enfin, dans un pays où 50 personnes sont en prison pour s’être exprimées trop librement sur Internet, l’autocensure fonctionne à plein régime. »

« Il y a encore cinq ans, beaucoup pensaient qu’Internet, média libre prétendument incontrôlable, allait révolutionner la société chinoise et son système politique. Aujourd’hui, alors que ce pays dispose d’une influence géopolitique croissante, la question semble s’être inversée : c’est peut-être le modèle chinois d’Internet, basé sur la censure et la surveillance, qui pourrait un jour s’imposer au reste du monde » ajoute RSF.

Face à « ces dictatures Web 2.0, les internautes s'organisent et redoublent d'imagination pour contourner les filtres et protéger leur anonymat. Ils s'approprient ou créent de nouvelles technologies, codent leurs emails, utilisent les outils qui passent encore sous le radar des cyberpolices. Le développement de Skype, par exemple, a très certainement facilité les communications entre les journalistes et leurs sources, y compris pour Reporters sans frontières. Ce système est particulièrement efficace parce qu'il est crypté et donc, a priori, difficile à mettre sur écoutes. »

« Mais la Chine a déjà passé un accord avec cette société pour qu'elle bloque certains mots clefs. Dans ces conditions, comment être certains que nos conversations restent confidentielles ? Comment savoir si Skype n'a pas, ou ne va pas permettre à la police chinoise d'épier ses clients » s’interroge l’organisation.



http://www.referencement-internet-web.com/20070205_Skype_dictature_Internet_Web_Chine.php

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